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La compile des isséens : David Bowie

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Suite à un processus de sélection préparatoire sur des dizaines de chansons des 50 années de carrière musicale, des réponses puis votes participatifs du public lors du café musical du 6 mai 2017, la médiathèque & les isséens sont ravis de vous présenter une compilation « David Bowie » à nulle autre pareille et colorée par de riches « bonus tracks » !

 La compile complète


SAVIOUR MACHINE (1970)

L’album « The man who sold the world » a profondément marqué Curt Cobain qui en a interprété brillamment  la reprise éponyme dans le célèbre “Unplugged” de Nirvana. Un Bowie très rock après le plus calme et classique « Space Oddity » (Black Sabbath & Led Zeppelin viennent de percer), et qui révèle de multiples richesses telle cette « Machine qui sauve ». Une méditation métaphysique de science-fiction sur la place de l’homme entre paix dans l’ennui et désirs. Une chanson en forme de hard rock progressif matinée de mystique dans certains passages vocaux. Fred L

 

QUICKSAND (Démo, 1971)

Sur sa face A « d’Hunky Dory », « Quicksand » a pour voisin les plus célèbres « Life on Mars » et « Changes ». Sans doute une de ses chansons les plus occultes où il est question de Crowley, de fascination esthétique du nazisme ou autres ésotérismes. Flamboyant dans « Life on Mars », Bowie renouvelle dans « Quicksand » son utilisation de la modulation en cascade qui confère en particulier au refrain ce caractère imprévisible, allant et venant de l’ombre à la lumière et finalement en phase avec le texte où le chanteur est en pleine interrogation sur le monde qui l’entoure. Sa voix au timbre affirmée mais gardant des accents juvéniles venant renforcer ce sentiment, tout particulièrement dans cette version avec seule guitare sèche.   Fred H

 

LADY GRINNING SOUL (1973)

Bowie avait sélectionné sur une compilation de son cru très confidentielle ce morceau parmi d’autres chefs-d’œuvre négligés ; nous donnons donc un léger coup de canif au principe général de notre sélection en la proposant ici. Alliance idéale entre un chanteur et un piano (l’excellent Mike Garson qu’on retrouvera aussi dans les années 90), Bowie semble tourner ici autour de son Anima (Jung) avec cette « Dame à l’ âme souriante ». Elle conclut comme dans un rêve « Aladdin Sane », qui reste un de ses albums les plus immortels. Fred L

 

BIG BROTHER (1974)

1974, Bowie fatigué par ses tournées et une vie trépidante de star d’icône du rock, encore sous l’emprise de son personnage de fiction Ziggy qu’il vient de « tuer », propose un de ses albums les plus sombres, inspiré et parfois sous-estimé : Diamond Dogs. On n’oubliera pas le monde en fin de crise apocalyptique qu’il y décrit, ou le kitch absurde croise une civilisation en décomposition. La référence à l’Orwell de 1984 est explicite et cette chanson totalement originale par sa structure et sa puissance d’évocation rencontre des préoccupations diablement contemporaines.  Fred L

 


A NEW CAREER  IN A NEW TOWN (instrumental, 1976)

Après un détour vers les sonorités américaines de la Soul et du Funk, c’est vers les apports du rock allemand des années 70 que Bowie va réellement trouver les sonorités parlant à son âme de « Kubrick du rock ». La fausse froideur de sa trilogie dite « Berlinoise » est dignement représentée par cette pièce ou l’harmonica croise avantageusement le synthétiseur. Bowie a fait le pont entre le « Krautrock » fort inventif mais confidentiel allemand et la New Wave qui va en bonne partie naître de ses expérimentations d’avant-garde. Fred L

 

IT’S NO GAME, part 2 (1980)

Album de synthèse des années 70, « Scary Monsters » annonce par moment aussi ses années 80 (« Fashion ») mais c’est avec l’épure vocale de cette chanson qu’il conclut l’album. Elle l’ouvre aussi mais en duo avec une chanteuse japonaise et la guitare incisive du Robert Fripp de King Crimson, d’ambiance totalement différente et avec beaucoup plus de violence.
Fred L

 

YOU’VE BEEN AROUND (1993)

Cette pièce devait être intégrée à l’éphémère  groupe de « gros » rock Tin Machine dans lequel Bowie a voulu un temps perdre son identité. Il garde en la triturant la partie instrumentale du guitariste et co-auteur Reeves Gabrels et change complétement l’orientation  stylistique de la pièce en 1993 au moment de sa « renaissance » : elle tire beaucoup plus vers le funk et gospel pour un album qui augure une décennie plus riche que la précédente. Fred L

 

 

I’M DERANGED (1995)

La visite de la Haus der Künstler, un lieu de création artistique autrichien pour personnes atteintes de troubles psychiatriques, a fortement marqué David Bowie et Brian Eno, leur inspirant « I’m deranged » ; composition à l’esthétique « new wave » décrivant moins la folie d’un homme que ses espoirs romantiques de devenir fou. David Lynch ne s’y est d’ailleurs pas trompé en ouvrant et clôturant son thriller psychologique Lost Highway par ce morceau. L’album « Outside » restera sans doute de par son ambition artistique comme un grand Bowie, ayant d’ailleurs récupéré dans sa course quelques vieux fans déçus par la quinzaine d’années précédente plus pauvre en inspiration. Nicolas W

 

HEATHEN, THE RAYS  (2002)

Morceau vainqueur du questionnaire préparatoire rempli par les isséens, et composée d’après Bowie directement dans le cadre idyllique des montagnes des Catskills, le morceau clôt magistralement un album somptueusement produit et aux textures instrumentales d’une grande richesse. Un chant grave sur la finitude humaine, dans l’écrin de synthétiseurs en nappes orchestrales et des subtils motifs de la guitare expérimentale de David Torn. Fred L

 

 

FLY (2003)

L’idéal pour une compilation à large éventail était de disposer d’un morceau de “rock imparable à la Bowie” : le voici, avec son riff à la limite du métal et sa motricité indéniable, type “Scary Monsters” (la chanson). Perdu sur la version double CD de l’album “Reality”, Bowie le fait vivre en live dans ses dernières tournées. Fred L

 

 

‘TIS A PITY SHE WAS A WHORE (2016)

Entouré d’une nouvelle et excellente équipe de jazzmen de New York, Bowie enregistre pour son dernier album cette version d’un single de 2014, en la renouvelant complétement. Des relents musicaux du Robert Wyatt de “Rock Bottom” croisent un chant fragilisé par la maladie et d’une beauté unique. Fred L

 



LES BONUS : HOMMAGES, MORCEAU LIVE, REPRISE PAR DAVID BOWIE ET CLIP VIDEO

 

STAY (1976, live 2000)

« Stay », morceau typique de la première période américaine et composée à la charnière des albums  « Young Americans » & « Station to Station » est un morceau négligé des radios mais pas en live, cette belle version au BBC Radio Theater est restée longtemps méconnue avant son édition avec les deux albums live BBC du début des années 70 disponible dans « le pack découverte » David Bowie. Fred L

 

EMILIE SIMON : SPACE ODDITY (1969 / 2007)

La chanteuse apporte avec cette belle version du premier tube planétaire de Bowie une touche feminine bienvenue. Une version fidèle à l’originale, mais avec un entrelacement voix et violon très réussie et une rythmique renouvelée. Fred L



BAUHAUS : ZIGGY STARDUST (1972 / 1982)

Bauhaus reste dans l’histoire du rock comme groupe « culte » à la charnière des années 70 & 80.  Crédité de l’invention du « rock gothique » avec leur « Bela Lugosi’s Dead » qui ouvre également le film « Les Prédateurs » de Tony Scott avec Bowie et Catherine Deneuve, Peter Murphy et ses musiciens signent ici une belle reprise sur-vitaminée du tube de 1972. Fred L



DONNY MCCASLIN : A SMALL PLOT OF LAND (1995 / 2016)

Saxophoniste sur le dernier disque de Bowie « Blackstar », McCaslin amène son collectif jazz-rock  sur le terrain d’une des grandes  « perles perdues » du Bowie d’ « Outside », en atténuant l’aspect implacable du morceau de 1995 tout en soulignant toujours son étrangeté et inspiration. Fred L

 

PETER GABRIEL : HEROES (1976 / 2010)

Il y a deux façons d’aborder une reprise : rester plutôt fidèle à l’original ou se réapproprier une première création. Peter Gabriel a si bien réussi dans la deuxième option qu’il est difficile de croire  qu’il n’est pas à l’origine de la chanson. Pour gagner un pari sur un des « tubes majeurs du rock» , des plus admirés par les critiques et musiciens anglais, il fallait en effet relever le gant… Fred L



DAVID BOWIE : PORT OF AMSTERDAM (live 1971 )

Retrouvons Bowie pour une reprise peu prévisible d’un Jacques Brel, dont il a connu l’oeuvre par Scott Walker. On pourra apprécier l’art du chanteur qui rejoint (presque ?) l’intensité du français dans cette version live, avec un accompagnement dépouillé à la seule guitare. Fred L


 

BONUS VIDEO : WHERE ARE WE NOW ? (2013)

"Where are we now?" forme un ensemble complet , la musique, les mots et la vidéo. Dans son album de 2013 « Next Day » Bowie revient sur la période où il vécut à Berlin à la fin des années 70. Morceau empli de la mélancolie d'une époque où la ville était coupée en deux et Bowie jeune et flamboyant. Ici, il apparait triste autant qu’apaisé. Il pose une question lourde de sens, celle d'un homme lucide arrivé à un âge où il sait qu'il lui reste bien moins à vivre que ce qu'il a déjà vécu. Autant Bowie a pu être maquillé, haut en couleur, exubérant, autant il apparait ici, dans un beau clip d'artiste, en homme simple, presque strict, dont la sévérité est accentuée par les images de Berlin en noir et blanc, mais dont le timbre de voix apporte un côté très touchant, intime et proche de tout auditeur s'interrogeant aussi sur la même question. Olivier Debaere.


Le café musical du 6 mai fut aussi l’heureuse occasion de rencontrer François Enert, un membre du collectif « Bowie Reloaded », groupe de reprise du maître. Retrouvez le CD en Espace Musique ou écoutez leurs interprétations ici : https://bowiereloaded.bandcamp.com/album/bowie-reloaded

Prochaine compile : Pink Floyd (mars - avril 2018)