Quelle est la représentation de l'homosexualité au cinéma ?

120 battements par minute : Film historique et sentimental de Robin Campillo avec Nahuel Pérez Biscayart, Arnaud Valois, Antoine Reinartz…

Sean et Nathan se rencontrent à une réunion d’Act-Up Paris. Nous sommes au début des années 90. Le VIH/sida sévit depuis dix ans, les trithérapies n’existent pas encore mais la découverte d’une antiprotéase fait naître l’espoir d’un traitement. Les seules mesures efficaces sont la capote et l’activisme politique. Il faut lutter contre les préjugés, contre les discriminations, contre l’indifférence, contre l’inertie des pouvoirs politiques, contre les stratégies de rétention des laboratoires pharmaceutiques, contre l’absence de prévention et d’éducation sexuelle.

« Cet amour éphémère à l’ombre d’une fin à laquelle Sean ne peut pas échapper est d’autant plus bouleversant que nous savons aujourd’hui qu’il ne s’en fallait que de quelques mois pour qu’il en aille autrement. L’émotion qui saisit pendant ces dernières scènes n’est pas celle du mélo, elle est faite de colère et d’admiration » Thomas Sotinel, Le Monde 23 août 2017.

Comme le souligne Didier Roth-Bettoni dans son ouvrage L'homosexualité au cinéma, le cinéma est un miroir qui reflète une société dans ses blocages, ses évolutions, ses interdits, ses désirs ou ses contradictions. En 2017, Moonlight a remporté l’oscar du meilleur film et 120 bpm a obtenu le Grand Prix du Jury à Cannes. En 2018, 120 bpm a remporté six césars dont celui du meilleur film. Au festival de Cannes 2018 plusieurs films, parmi lesquels Rafiki de Wanuri Kahiu, interdit au Kenya, possédaient une thématique LGBT ; la caméra d’or revint à Girl de Lukas Dhont, également Queer Palm. S’agit-il d’un tournant historique ?

 

Pour aller plus loin :

Le livre L’homosexualité au cinéma du journaliste et critique de cinéma Didier Roth-Bettoni, un vaste ouvrage précis et érudit qui étudie les représentations des homosexuels au cinéma dans tous les pays et dans tous les genres de films.
L’auteur découpe le premier siècle du cinéma en quatre périodes : les années folles (1895-1934), les années placard (1935-1959), les années militantes (1960-1979) et les années de la visibilité (depuis 1980).
Il analyse aussi les premiers films sur le sida. Les films grands publics traitent le sujet sous un angle compassionnel et placent la famille du malade au centre de l’histoire ; les films militants indépendants, héritiers du cinéma revendicatif des années 70, montrent les effets de la maladie et placent les malades au centre de l’histoire. Les films ont contribué à modeler et à faire évoluer la perception de la maladie. Il s’est opéré une « intégration sans à-coups de l’homosexualité dans le paysage cinématographique français (…) notamment avec l’émergence d’une génération de cinéastes arborant sans complexe leur propre homosexualité et en faisant le sujet de leurs films » (page 591). La pandémie du sida a pu « engendrer ; par contrecoup, d’inattendus progrès pour les droits des homosexuels et un changement évident d’images à l’écran » (page 20)

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